PRODIGE ULTIME

Faire carrière est de principe éphémère dans le rap. Rares sont les exemples qui contredisent cette règle. Plus rares encore sont ceux qui ont su se maintenir au top pendant plus de quinze ans. Sans faillir. Sans que l'empreinte du temps, les desiratas ou la lassitude n'aient raison d'eux. On peut compter Snoop Dog, Ghostface, Busta Rhymes... Et bien sûr Prodigy, moitié du duo Mobb Deep. On pense souvent et à raison, qu'au dela des albums officiels et des classiques, il ne reste plus rien à découvrir d'un artiste. Le meilleur a souvent été dit et fait par l'entremise de la discographie officielle. Pas pour Prodigy. Il est le seul rappeur vivant à avoir enregistré tant de morceaux, d'albums, sans que ceux-ci n'ait été commercialisés. Il rivalise sans mal à ce niveau avec le prolixe et légendaire Tupac Shakur... Prodigy demeure clairement un des seuls rappeurs américains en activité qui continue à frapper le mot et le beat via des pulsations cardiaques accélérées à la codéine, une terminologie unique constitué de dictionnaires de neologismes et de sueur détrempée. Le projet « Ultimate Pee" est une mise en avant parfaite des phases terminologiques brutales que seul ce rappeur sait plaquer sur beat, portrayant ses mots calés atypiquement à l’image d’un griot crachant les récits de ces villes urbaines devenues dortoirs pour zombies, où chaque minute voit s'étaler une douzaine d'homicides en moyenne, mais aussi un millier de rappeurs qui remontent à la surface. Ce disque proposé par le label Ascetic Music (Insight, Pacewon, Life Long….) en coordination avec X-Ray Records (Method Man, Layzie Bone, Sunz of Man… ) reprend des tranches musicales exclusives ainsi qu’une kyrielle d’inédits et de remixes exclusifs et autres versions alternatives ou Prodigy échange le micro avec la fine fleur du rap hardcore de New-York (50 Cent,Tragedy Khadafi, Tony Yayo, MOP…) ou encore la crème de la crème du mouvement hyphy venu de la Bay Area (le prodige d’Oakland aka Keak Da Sneak), en passant aussi bien sur des productions west-coast (notamment avec Kokane sur « I Betcha ») que sur le dirty south de Young Buck... Sans oublier les seconds couteaux les plus sousestimés de la scène rap (Illa Ghee, E-Money Bags, Twin Gambino, Un Pacino, 40 Glocc, Big Noyd…), ce projet concentre des productions estampillées Alchemist, Havoc, Jake One,Frankie Cutlass ou encore Green Lantern. Prodigy se pose en pire ennemi de Jaÿ-Z (qu’il attaque de plein fouet sur l’inédit « People Talkin »…), délivrant de purs moments de violence musicale, excellant en matière de métaphores graves, de descriptions alambiquées et brutes à la fois, en joutes de mots qui finissent souvent comme une divine associations de malfaiteurs.
Fièrement indépendant, le projet « Ultimate P » prouve clairement l’ouverture d’esprit que possède ce emcee à la phraséologie unique, sa façon de créer toujours sur la brèche, représentant par là-meme une Grosse Pomme en train de se (faire) bouffer de l'intérieur, minimalisant ses maux comme pour mieux les exploser. Prodigy propose son bordel parfaitement organisé sur plus de trentes titres parsemés d’interviews qui propulse cette sorte de « The Lost Tape » comme une suite logique au chef d’oeuvre Return Of The Mac. Bourrés de clin d'oeils de travers en direction des flics, des putes et des dealers, des rappeurs et des balances, des homicides et des meurtres incongrus, de la puanteur des métropoles et des surprises armées de la ville, mais aussi et surtout des Illuminatis qui domine(rai)ent notre monde, les morceaux du prodige de NYC sont en phase avec notre époque. « Ultimate P » se pose en melting-pot bouillant et dérangé, futuriste mais aussi boisé d'hommages, produit pur et aubaine totale pour ceux qui pensaient que Mobb Deep allait se fracasser le crâne contre des pièces de 50 centimes. Le pognon ne cesse de rentrer dans son crâne fêlé, mais Prodigy est un homme qui a choisi de refaire un (dé)tour dans "l'underground" des requins vicieux mais heureux. Continuant son parcours sans faute, renouant avec une certaine classe outrancière, celle que Nas a connu lorsqu'il a écrit New York state of mind ou encore celle de Ghostface Killah période Supreme Clientele, ce lyriciste de choc elevé par les loups de Queensbridge a introduit, analysé puis canalysé le mot, pour ensuite mettre en exergue le véritable dérapage sémantique de QBC, patrie de ses partenaires légendaires (LL Cool J, Run Dmc, Nas, Kool G Rap, 50 Cent…) avec qui il a discuté, échangé, travaillé, emprunté, tel un phoenix dont les plumes de feux se coloreraient des humeurs les plus sagaces des meilleurs encres amies.

Adaptant un slang urbain qui ne cesse de s’enrichir d’année en année et malgré la signature récente de son groupe Mobb Deep chez une major dirigé par l’unité G-Unit, Prodigy enregistre et écrit sans cesse, s'esquivant très souvent en mode solo pour sortir disques et classiques du côté des indépendants (« Return Of The Mac », « HNIC2 »…). Prodigy represente un des ponts du rap, celu qui l'équilibre en quelque sorte, mais qui n'est pas lui-même équilibré ; ce qui lui donne cette saveur si atypique, ce parcours si tendu et élevé. Toujours en lente mais forte progression, son ascension est unique et atypique dans l'histoire du rap. Au bord de la brèche, largué par des labels qui ont pourtant des classiques dans leurs catalogues ( Infamous, Hell on earth, Murda muzik...), Prodigy n'arrête jamais de serpenter et d'écrire, malgré ses nombreux problèmes de santé. Ancien étudiant de la fameuse école Graphic Arts de Manhattan (où il a rencontré Havoc), Prodigy continue même depuis sa prison (il vient d’écoper d’une peine de prison de 3 ans et demi) de verser son oeuvre dans une terminologie hallucinatoire, de poser son phrasé de plus en plus rauque et inventif, le tout entouré de leucocytes pourris et de larmes de vie. Les paradoxes centraux de la personnalité de ce géniteur de poèmes brisés en font une figure incontournable de la scène rapologique d'aujourd'hui, de demain et d'hier. Il n'y a pas chez Pee de teintes fluorescentes ou de refrains R&B sirupeux, pas de baisse de tension au niveau du flow, rien que du son à géométrie tendue, des textes qui évoquent aussi bien le gouffre que la chatte et la weed, les AK-47 et la morphine, les nuages de coke et les fantômes du Queens qu'il aperçoit dans un miroir flou.
PACEWON : YOUNG VET
Après avoir débusqué Insight, Life Long ou encore Fred Ones, l’écurie française Ascetic démarre 2009 en beauté avec Team One Inc du grand Pacewon. Connu aussi bien pour ses divagations au sein d’Outsidaz (« Night Life ») que pour ses albums solos ( « Won », « Telepathy »…), ce géant du New Jersey se faufile constamment entre mainstream de luxe (les Fugees, Eminem, Redman…) et underground de choc (Madlib, Outsidaz…), sans jamais se laisser plier par ces mondes parallèles. Rencontre avec l’auteur de I Declare War, qui évoque ses embrouilles avec Eminem et également son projet avec Mister Green édité sur Raw Poetics Records. ONE !
Lorsque tu as posé avec les Fuggees avec Young Zee et Rah Digga, est-ce que Outsidaz existait ? Non pas formellement. On trainait ensemble, on rimait ensemble et on se partageait les plans. Donc il y avait déjà l'idée d'être une team. Young Zee était le plus avancé à cette époque. Il avait un deal qui l'a conduit à faire un album mais il n'est jamais sorti. Il y avait du monde comme KRS One, Busta Rhymes, Redman... Il y a des morceaux qui trainent sur Internet. L'album était vraiment bon, mais tu sais des fois les labels dépensent de l'argent et ils périclitent ou changent de politique sans que ton album ne voit le jour.
Après Fugees, tu as posé aussi sur l’album « Malpractice » de Redman. Comment ça s'est fait ? C'était une connexion business ? Non pas du tout. Je connaissais Redman depuis 94, je crois. C'est un mec de chez nous, un mec de Brick City. Ca s'est fait logiquement. C’est la famille New Jersey. D'ailleurs quelques années après, j'ai eu l'occasion de tourner avec Redman et Method. C’était une grosse tournée. Je garde toujours un bon contact avec Redman, c’est un pilier de New Jeru…
Finalement c'est toi et Rah Digga qui êtes sorti les premiers du lot ?J’ai signé avec Roc-A-Block et Rah Digga a rencontré Q-Tip qui l'a soutenu et il a appuyé sa signature. Tout cela faisait parti d'un plan. Young Zee, après notre featuring avec les Fugees, devait sortir son solo et ouvrir la porte pour les autres. Finalement, il en a été autrement et très vite, nous avons pensé que nous faire connaître en groupe était une bonne chose. Ca a été un long processus.
On a reproché au début à Outsidaz de négliger un peu les beats au profit du rap et punchlines. Tu valides ? A l'époque, j'étais d'accord sur l'idée que « Nightlife » était vraiment rap, vraiment axé flows et rimes. Ce que les gens savent moins c'est que c'est nous qui produisions. L'optique, c'était que le beat serve le rap. En fait, à l'époque on concevait mal que les rappeurs produisent alors que ça s'est démocratisé. On était peut-être trop en avance.
Dans quel état d'esprit tu as travaillé sur "Won" ? Je savais qu'il fallait que cet album soit bon. Il fallait faire un album qui vieillisse bien dont je puisse être fier, indépendamment du score qu'il pouvait faire et en même temps, je voulais mettre toutes le chances de mon côté. J'ai convié Ski sur plusieurs productions. Il avait déjà travaillé avec Jay-Z et beaucoup d'autres. Wycleef, je le connaissais bien puisque nous avions déjà collaboré ensemble par le passé. Je voulais Kurupt. Je suis fan de son travail et je voulais un mec qui parle à l'ouest du pays. Eminem devait être de la partie mais ça ne s'est pas fait.
Il est dans le clip "I declare war" ? Oui heureusement, il me devait bien ça.
Il était dans Outsidaz et vous aviez déjà travaillé ensemble ? J'ai rencontré Em. J'ai été le premier dans le groupe a collaborré avec lui. On l'a intégré au groupe et D12 a rejoint nos rangs. Le problème, c'est qu'après avoir signé, il est devenu plus dur à joindre et il n'a pas renvoyé l'ascenseur.
Tu est en contact avec lui ? Je ne cherche pas forcément à l'être mais on se croise et on s'appelle avec Bizarre. C'est un bon pote. Proof aussi l'était. J'ai souvent parlé à Bizarre sur les points qui m'oppose à Eminem et il comprend mon point de vue. Ce mec ne nous a jamais aidé, alors qu’on l’a jeté dans le jeu. La première fois que j’ai réalisé qu’il se foutait de notre gueule, c’est quand j’ai vu qu’aucune de ses promesses ne tenait la route, mais qu’il continuait à dire qu’il allait sortir tout le posse Outsidaz sur son label. Au final, il n’y a eu que quelques morceaux sur des compilations, notamment un titre de Young Zee sur le disque de la bande originale de son film « 8 Miles ». Je sais pas si c’est cela que Young Zee attendait. Aujourd’hui, qui sait ce que Young Zee va foutre avec Eminem ? Personne ne capte plus rien à ce bordel. Eminem a juste fait la pute.
Tu es le seul membre des Outsidaz a avoir fait des morceaux ou tu t’en prends à Eminem… D’ailleurs, il ne m’a jamais répondu, même si je sais pertinemment qu’il a entendu les titres, notamment celui qui a été clippé ou je me fous de sa gueule et je raconte nos expériences respectives. C’était un gars talentueux, mais je pense qu’une fois arrivé là où il voulait arriver, il n’en a plus eu rien à foutre des gens qu’ils l’ont aidé, même s’ils considéraient ces personnes comme des légendes, des héros du rap… Si les autres ne l’insultent pas, c’est peut être car ils attendent encore quelque chose de lui, ou alors ils n’en ont rien à foutre. Ca ne m intéresse plus trop de toute façon.
Young Zee était annoncé comme signature sur Shady Records ? Oui comme Outsidaz auparavant et il ne s'est rien passé ensuite. Là aussi, ça a trainé et puis finalement Zee a signé sur Runyan Ave. Label de Kuniva de D12. Après, j'ai pas suivi, mais je crois que là aussi ça a dormi.
Qu'est-ce qui a causé la fin de Outsidaz ? Nous n'avons jamais splitté parce que nous sommes une famille. Mais faire de la musique à 9, c'est dur parce que tu ne peux pas trouver un label qui peut nourrir neuf bouches. Après que Ruffnation ait coulé, il fallait se faire une raison. Il était plus facile de continuer chacun en solo mais si on nous propose un bon budget pour travailler, nous pourrions faire un nouvel album.
Ton premier album "Won" était une réussite. Pourquoi tu as attendu avant d'attaquer un deuxième album ? Que ce soit avec Outsidaz ou avec mon premier album, nous avons obtenu des scores très satisfaisants. Nos titres tournaient en radio et les clips jouaient sur BET mais le label Ruffnation a coulé juste à ce moment-là alors qu'il me développait. Ruffnation a été crée avec Ruffhouse, c’était une jointventure entre Warner Bros et Chris Schwartz. Mais ils ont merdé. « Won » a bien vendu et puis Columbia a lâché prise et notre label s'est retrouvé dans une mauvaise situation. On a coulé avec le navirre alors que nous commencions à récolter les fruits de toutes ces longues années.
Dans quel état d'esprit as-tu fait ton deuxième album "Telepathy" ? J'avais des beats et je produisais pas mal à ce moment-là. Je savais que si je ne faisais rien pour faire avancer ma carrière, rien n'allait s'offrir à moi. Le disque a été mal promotionné mais j'ai pu faire des concerts, tourner et j'ai collaboré avec Mocheeba. J'ai tourné dans le monde entier avec eux. Ce fut une bonne expérience. Mais l'industrie du disque allait au plus mal. Mon disque étant mal distribué, beaucoup l'ont téléchargé.
Peux-tu parler de "Team Won" et de ta signature chez Ascetic Music ? Team Won est mon nouveau crew. Il rassemble des beat makers/Mc's qui ont la dalle. On a fait un premier album. C'est une présentation en quelque sorte qui est constitué de morceaux solo de Pace Won et de morceaux du crew où chacun enchaîne. C'est du pur Mc'ing. Disons que c'est un album solo de Pace Won avec des featurings récurrents. Il y a aussi El Da Sensei de Artifacts et DU de Outsidaz. Je devais sortir "Telepathy" chez Ascetic Music mais il voulait faire un projet exclusif pour le label. Telepathy était déjà sorti aux Etats-Unis donc on est parti sur une autre idée et c'est comme cela qu'est né ce projet. Je connaissais Amine et Lotfi pour les avoir rencontré plusieurs fois en France et en Angleterre quand j'étais en tournée avec Outsidaz et Morcheeba. Le feeling est bien passé et on a décidé de travailler ensemble. Pour moi, Ascetic, c'est l'ouverture sur plusieurs cultures et la possibilité de continuer à exprimer ma vision du rap, faire des shows et partager cela avec le public. Signé sur un label implanté en Europe, ça veut dire être développer ici et avoir des antennes dans chaque pays pour que l'album fonctionne bien. C'est important et très rapidement, j'ai compris que le succés dépendait de ton implantation dans chaque pays, ce que les labels américains et les artistes comprennent de moins en moins bien aujourd'hui.
De quoi parle les morceaux ? Avec Team, de l'évolution du rap, de hustlin', des mauvais rappeurs. Sur les morceaux solos, de meufs, de weed. ll y a du story telling... Ca parle de la vie, du quotidien, des jours fastes et des jours sans. . Le concept, c'était de retrouver l'énergie du rap, le plaisir de la rime et de la punchline sans faire dans le "politicaly correct". Sans se prendre la tête. Je voulais retrouver un côté crade, spontané donc les morceaux avec Team Won sont né comme ça, enregistré live, sans back, sans pouvoir reprendre. Les morceaux solos eux sont par contre plus travaillés mais toujours dans cette volonté d'aller à l'essentiel. Aujourd'hui le rap devient un produit de consommation où tout est oublié. Les rappeurs ne rappent plus, ne racontent rien, s'autocensure ou font dans la rime gratuite. Là, avec Team Won, il s'agit de performance, de rimes brutes. Y a pas de superflu.
Cette année est faste, il y a Team Won et l'album avec Mr Green... Oui, les retours sont bons sur les deux projets et je travaille déjà sur des suites. Ascetic Music et Raw Poetic font du bon boulot. Je serais très bientôt en Europe pour faire des scènes et de la promo en 2009. 2008 n'est que le début de l'invasion et je ne suis pas prêt de m'arrêter. Des fois tu passes plus de temps à trouver les bons partenaires qu'à faire du rap. Là, je me concentre sur la musique et ça fait du bien. Donc attendez vous à m'entendre.
Toi même, tu produis. D'ailleurs dans Outsidaz, vous produisiez vos beats ? Oui, nous avons toujours produit des beats pour n'attendre après personne car c'est cher et ça aurait pu nous bloquer à nos débuts et puis tu est toujours bien servi que par toi même. Par la suite, j'ai composé un crew de producteurs du nom de Team Won où nous avons produit Telepathy et Team Won qui est à la fois mon crew de rappers et beatmakers mais je n'ai pas une vision exclusive. Par le passé, j'ai beaucoup bossé avec Ski. Là, j'ai sorti un album avec Mr Green, un très bon beatmaker.
Ski, le même gars qui a produit pour Jay-Z, Dead Presidents ? Oui, c'est ça. D'ailleurs, c'est pas son seul morceau. Il a beaucoup bossé avec Jay-Z sur Reasonable Doubt. Il a produit pleins de trucs. J'en ai quelques uns en tête: Politics As Usual, In My Lifetime, Who You Wit, Streets Is Watching et pas mal d'autres. Il a produit baucoup pour Camp Lo, Krumb Snatcha, Bahamadia, Li'l Kim, Fat Joe, Foxy Brown... Que du beau monde. Ski avait déjà produit pour Outsidaz "the Rah Rah" et "Don't look now". C'était une de mes connexions. J'étais signé sur Roc-A-Bloc. Ski et moi avons bossé étroitement. Il a produit prés d'une dizaine de morceaux de mon solo et notamment "I declare War".
C'est quoi qui t'as donné envie de faire carrière dans le rap ? Déjà petit, j'étais sensible à la musique. Mon père collectionnait des disques donc on écoutait de la soul, du jazz, du reggae mais le vrai truc qui m'a mobilisé, c'est "La Da Di" de Doug E Fresh et Slick Rick. Je devais avoir 12 ans. On écoutait déjà du rap avec mes fréres mais après ce morceau, je n'avais qu'une envie, c'était de monté sur scène et prendre un micro. J'ai compris que ce n'étais pas aussi simple. Mais j'ai travaillé.
Tu as évolué dans des groupes avant de participer à l'expérience Outsidaz ? T'essayes des trucs comme tout le monde mais le vrai groupe sérieux, c'était PNS. Il y avait déjà DU qui a intégré Outsidaz avec moi. On était déjà dans un délire de compétition, de battle rymes et c'est d'ailleurs là qu'on a croisé Young Zee. Il voulait insulter tout le monde, il s’en prenait à tous les rappeurs, surtout les new-yorkais.
C'était en quelle année ? Je sais plus. En 90 ou 91 je crois... On était jeune, on était encore adolescent. Il a fallu plusieurs années pour que Outsidaz deviennent quelque chose de sérieux. A cette époque, on était au collège.
Propos recueillis par Nez de Pierre & Djama Kotva.
Albums “Team Won” sur Ascetic Music et
“The Only Color That Matters is Green” sur Raw Poetix Records.Libellés : interview
El Gyeah, lundi 1 décembre 2008 | Lien |
Commentaire(s)
Os de légende
Loin de l'univers de Bone Thugs 'n' Harmony, Bizzy Bone est en solo depuis 3 ans maintenant. Il ne participe pas au dernier album du groupe « Strength & Loyalty ». Son dernier album « RUTHLESS » vient de sortir sur Siccness Records, écurie distribué par Nocturne en France. Bizzy y vaporise ses rimes fiévreuses par dessus des beats rugueux produits par Cricet, Batkave, Dave Moss et Steve Vicious, avec pour seuls invités Layzie Bone, Pitbull et Rick Ross... C'est bourré qu'il répond à Keep It Fake, expliquant ses choix récents.
Comment ça se fait que tu as Rick Ross et Pitbull sur ton album ? Je voulais vraiment mettre du matériel lourd dessus, alors j'ai tout fait pour attirer quelques gros gars comme Pit et Ross parce qu'ils connaissent mon boulot et ce que j'ai fait quand j'étais à fond dans Bone Thugs 'n' Harmony. Je suis une sorte de jeune vétéran pour eux alors c'était un bon travail d'équipe qu'on a fait ensemble, assez facilement... Je suis vraiment satisfait de ces deux artistes, parce qu'ils ne sont pas venus dans l'intention de foutre deux couplets et prendre leur chèque. J'ai toujours une bonne connection avec Ross et nous continuerons surement à bosser ensemble, si Dieu le veut. Ross et Pitbull sont des poids lourds de cette industrie et c'est une bonne chose pour l'album d'être avec eux, et c'est pas fait pour l'or ou une merde de ce genre. Ca a été fait comme ça parce qu'on se connait et qu'on apprécie le bon boulot. Ross est dur à trouver, ainsi que Pit, mais ils ont répondu vite à mes appels. Ils ont tous les deux demandé quelles étaient mes conditions et comment et quand allait sortir cet album. Ce sont de bons partenaires pour moi en 2008.
Pour tes fans de longue date qui te connaissent depuis le premier Bone Thugs, qu'est-ce que tu leur dirais à propos de « Ruthless », ton dernier album solo ? En tant que serviteur de Jésus Christ et esclave d'Allah, j'ai fait de mon mieux pour poser un bon matériel sur la table. Il y a beaucoup d'énergie pure dans cet album, et je ne parle pas qu'en mon nom, je parle aussi de tout ceux qui se sont investis dans ce rap jeu ; toutes ces choses très spirituelles mais en même temps vraiment essentielles pour moi. Je sais qu'il y a plein de rumeurs concernant mon départ de Bone Thugs, mais, tu sais, tout doit bouger et particulièrement depuis que les gens ont commencé à reparlé d'une possible réunion de Bone Thugs. Mais tu sais, la presse parle de nous seulement parce que Krayzie et moi on a eu des petits beefs la dernière fois qu'on s'est vus, et maintenant on fait tous des albums solos. Mais je ne suis pas en colère contre Bone Thugs... Le travail que j'ai fait avec Bone thugs est rentré dans l'histoire du rap comme une bénédiction pour moi. Je suis si fier des efforts que j'ai fait dans le passé que je ne veux pas ruiner tout ça maintenant, juste pour avoir un peu d'argent d'une grosse major. Je ne suis pas dans cette merde là, parce que j'ai jamais été dans cette merde là et je ne serai jamais dans cette merde là. Indépendant c'est un mot que j'aime énormément. J'ai grandi dans un environnement sauvage et quand j'ai réalisé que l'or qu'on a fait était pur, je ne voulais pas faire de l'argent avec mon crew. Je ne voulais pas rentrer dans le wagon du groupe, comme les gens me disant de porter tels ou tels habits, ou d'être en rotation permanente sur MTV ou BET, juste parce qu'on a une réputation de grand groupe. J'étais interessé par les lyrics, les mots, les beats. Mais mon monde maintenant semble être loin des majors et des gens qui entourent l'industrie comme les requins, attendant leur retour. Je ne suis pas pour creuser le passé.
Bizzy Bone et Bone Thugs ont fortement influencé le hip hop. Est-ce que tu penses que tu as reçu tout le crédit qui est dû à ton crew ? Bone Thugs N Harmony a vendu plus de 30 millions de disques dans le monde et tout le monde que tu peux croiser dans le monde du rap, de France et d'Espagne, jusqu'aux USA, de l'Allemagne jusqu'en Chine, ils aiment tous Bone Thugs. J'ai de profonds souvenirs de nombreux fans en Grande Bretagne, en Espagne, aux Pays Bas, en Thaïlande, etc. Et c'est de ça dont il s'agit. Le public s'élargit encore aujourd'hui, alors qu'on sort des albums solos. Les gens connaissent toujours Bone Thugs. C'est vraiment un bon conte venant des donjons du rap, des taudis, du ghetto, de la rage. Et c'est toujours là, dans mes derniers albums... Mais, je suis vraiment dans un esprit de nouveaux commencements, de nouveaux départs. Je ne suis pas du genre « Donnez moi du respect. J'ai gagné mon respect parce que je suis de ce groupe appelé Bone Thugs. » Je ne regarde vraiment pas le passé parce que c'est fini, tu sais ?
Tu étais jeune quand tu as rencontré Eazy-E. Peux-tu nous parler de cette rencontre ? Bien, Eric, hum... A chaque interview, je le repete, je n'aime pas l'appeler Eazy-E, tu sais. Il est mort en tant que père, en tant que jeune entrepreneur noir, et il est mort en ayant une nouvelle vision du rap jeu. Parfois je me demande pourquoi il n'y a pas des gros films à son sujet ou à propos de son histoire, parce que tu sais, il est passé par beaucoup de choses que personne d'entre nous n'a fait dans le rap. Je n'ai pas vraiment admis sa mort quand j'étais plus jeune, je pouvais imaginer être encerclé par son esprit, et ce n'était pas vraiment bon pour mon esprit à moi, alors je me suis retourné vers Dieu, pour partir loin de la souffrance que je ressentais. Eric Wright était un exemple pour moi, ainsi qu'un mentor pour mon entourage, et j'ai toujours des difficultés à parler du passé, parce que, c'est toujours frais. Même en 2008, beaucoup de jeunes rappeurs sont inspirés par sa vision et sa carrière, autant qu'ils le sont par celles de Biggie et Tupac. C'est la vie. Je ne peux pas me préoccuper du passé et je suis reconnaissant d'avoir survécu à ces temps-là, d'avoir pu évoluer vers ce que je suis maintenant.
Qu'est-ce qui se passe avec Bone Thugs N Harmony en 2008 ? Aussi loin que je sois concerné, je pense que chacun saute dans une zone de création différente. La dernière fois qu'on s'est vus, personne n'a vraiment compris mon contenu lyrical, comme si j'étais un paria rugueux avec une approche débile, mais je ne les blame pas. Aussi je leur ai dit que j'étais plus dans un autre monde et que je voulais approfondir, dans cette autre direction. Et, de plus, je ne voulais pas ralentir mes frères. Alors, ils sont allés de l'avant dans leurs vies, et moi dans la mienne. Ce n'est donc pas vraiment une séparation. C'est juste comme ça parce que l'industrie était si habituée à l'univers de Bone Thugs, fait de disques d'or et de platine, que les gens voulaient voir ça encore et encore. Mais tu sais, ce n'est que de l'amour, je ne suis pas furieux envers mes gens, je ne peux juste pas dire que l'épisode de ma vie n'est pas une relation à sens unique avec le rap, une voix à sens unique avec la musique, juste avec le logo de Bone Thugs 'n' Harmony. Pour mon nouvel album, je ne suis encadré que par deux gros featurings avec Pitbull et Rick Ross, plus ma dédicace à Layzie Bone, et tout est vrai !!! Mais savais-tu que tous mes gens de Bone Thugs étaient nés à Cleveland, et moi je suis de Columbus... J'ai été contacté par le reste du crew pour l'album « Strength & Loyalty », mais j'ai refusé l'offre. Je ne suis pas intéressé par faire de la musique avec Mariah Carey à ma droite et Akon à ma gauche (rires). Aujourd'hui, tout le monde veut un featuring avec T-Pain ou Akon, ou un featuring R&B sur son album. Je ne veux aucune de ces merdes. Mais je ne suis pas un haïsseur. J'ai seulement de l'amour pour mon crew. Ce sont mes gens pour toujours.
Tu dis que ce n'est que de l'amour mais ta chanson « Fucc the world », qui est sur ton dernier album « Ruthless », est pleine de rage. On dirait que tu es toujours encerclé par les démons ? Cette chanson a été faite dans un état d'esprit « rien à foutre attitude » que j'ai toujours suivi. Nous sommes tous encerclés par des démons fous mais certains ne savent juste pas comment se purger de ces choses, ou simplement ils veulent ignorer leurs démons, et je ne veux pas faire ça, parce que je sais qu'un jour ils casseront tout. Alors j'ai essayé de me battre durement contre ces choses là. Les démons sont les drogues, le sexe et la guerre, parmi tant d'autres choses... Les démons dont tu parles ne sont pas les mêmes démons dont je parle. Mais c'est la vérité. Ces démons dont tu parles sont partout, autour de toi et moi.
Propos recueillis par Djama Kotva & Josey Wales / Traduction : Nemanja
Bizzy Bone « Ruthless » (Sicness/Nocturne) / www.nocturne.fr Libellés : interview
Buddy Leezle - Bay Slaps and Disco Raps
If there’s a party, BETTER believe I’m in there. YES, I’m on the motherfuckin’ GUESTLIST! You can call me V.I.P. LEE. Im the FLYEST motherfucker in here. L.L.L.=Ladies LOVE Leroy... I can DRESS, RAP, & DANCE better than you. If Hip-Hop is DEAD, then Club is ALIVE. PARTY HARD or GO HOME! Don’t you know I’m JESUS, bitch!
Buddy Leezle c'est le nom. Leroy en vrai. Avec Cerebral Vortex, il forme 215:The Freshest Kidz Il fait du bruit depuis SF, depuis le track avec LAZER SWORD (Dublab), dirty industrial, c'est un peu l'attitude hyphy cocky and confident qui envahi tout les styles de rap de la baie, Buddy c est genre du hyphy glitch avec des instrus keuss dolorean style mais en meme temps tu chilles tranquille avec une enchilada ou un jus de fruits en plein soleil avec le meme morceau le lendemain.
versatile shit.
Et sinon le type nous lache sa mixtape Crown Purple gratos, avec deux morceaux extraits de Hipster Jesus, la prochaine tape prevue pour mai, avec dedans l anthem dirty industrial.
Donc vas-y, http://www.zshare.net/download/9015149146c67b/Libellés : news
CAPONE – Q.B CAT
Avec l'une des voix les plus distinctives des rues de Queensbridge, pour ne pas dire de New York, Capone reste toujours lié à Noreaga, avec lequel il a formé CNN, duo qui a sorti "The War Report" et "The Reunion", parmi d'autres projets... Capone a attiré les auditeurs de rap par sa longévité à faire du rap de rue depuis plus de dix ans maintenant. Connu aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe, ce chat de gouttière platiné est la preuve que la parole peut être une publicité plus importante que les méthodes traditionnelles...
Quand est-ce que tu as commencé à rapper et comment ça t'est venu ? J'avais 15 ans, peut-être moins, tu vois c'que j'veux dire ? On écrivait des raps dans le parc avec les homies, en fumant des joints et en buvant. J'ai jamais voulu faire cette merde en classe, alors j'ai écrit des conneries de la rue, et c'est devenu une habitude, tu sais. J'ai juste continué à mettre les mots ensemble, comme beaucoup d'autres...
Ta voix est reconnaissable au premier mot, la plupart du temps parce que tu as un langage cassé, mais le ton de ta voix... Ouais ouais (rires)... Je connais cette merde. Les negros dans le quartier disent que Capone est unique à cause de ma voix qui sonne comme ça. Fumer et boire depuis longtemps m'a mené droit à ça, mais j'avais aussi cette voix quand j'étais un petit rugueux de la rue, tu vois ?
Tu as dû te battre assez durement pour sortir ta musique et qu'elle soit écouté à NYC ? Je suis passé par pas mal de choses en ce qui concerne la crapulerie, alors pour moi c'était marrant de vendre des mixtapes et d'écrire de la merde qui pourrait un jour me faire gagner de la monnaie. Je vivais 13 heures par jour dans la rue, dealant... J'ai jamais vendu de mixtapes aux coins de la rue, quelques dj's dans le Queens aidaient les rappeurs avec les mixtapes, et alors on a été "Unsigned Hype" dans le magazine The Source avec NORE, donc ça a commencé en quelque sorte comme ça. Et aussi avec la vidéo "L.A. L.A." avec le remix de Marley Marl qui a éclaté la tête des négros. Straight bullet, no shit !
Quelle étiquette on t'a donné en tant qu'artiste et est-ce que tu trouves celle-ci juste ? Je m'en fous de comment les gens me voient, je veux juste ces billets de dollars ou d'euros ou d'argent, tu sais. Si un mec pense que je lui dois un truc parce qu'il a juste sorti quelques disques, c'est une chatte. J'suis libre, je sais juste que je suis un rappeur. Les gens regardent trop les étiquettes en pensant "c'est une saveur", alors que moi autant que je sois concerné, c'est une question d'emprunt à la banque. Une maison de disque n'est pas là pour te rendre riche, mais pour qu'elle devienne riche et après tu dois par toi-même voir comment tu peux prendre un peu de pain de cette maison de disque. C'est comme ça mec...
On dit que tu as rencontré Noreaga en prison ? Ouais dans la cuisine. On nous avait foutu dans la putain de cuisine ensemble. On faisait la plonge, la bouffe, la merde...
T’as passé beaucoup de temps en prison, tu fais souvent des aller-retours ? Ouais, quand je suis sorti en 1999, on a enregistré, c’était vraiment une réunion. C’était dur la taule mais c'est comme ça. En même temps ça motive un négro. En prison si tu as juste des pompes et des haltères à soulever, tu deviens bête. Tu dois soulever ton esprit aussi, t'exprimer, écrire, peindre des merdes ou je sais pas, tu deviens un peu fou autrement. La prison fait partie de Queensbridge, on a ca dans notre vie comme l’hôpital ou ceci cela, bien sur j’aime pas la prison. Je m’en tape je veux pas aller en prison mais c’est pas un enfer quand tu connais des gens à l’intérieur. C’est un enfer pour les mecs sans connexions, perdus. Ils deviennent homos ou fous ces types, j’en ai vu des choses.
C’est quoi l’histoire de vos noms ? Vous avez, à un moment, toi et Noreaga, eu des problèmes avec Tommy Boy je crois ? Ouais c’est ce que je te disais sur les labels. Ils ont l’argent et ils te cassent les couilles comme une putain de banque. Après Tommy Boy, vers 2003, on a été obligé de nous faire appeler C-N-N, et Noreaga a du changer son nom pour N.O.R.E, mais au niveau administratif, parce qu’au niveau mixtape et stickers et aussi sur l’album on s'en tapait, mais pour les avocats il fallait des papiers, des inscriptions de merde etc... Ensuite, on a été accueilli chez Def Jam mais ça a été la merde aussi. Ils ont cassé mon contrat et ils ont gardé N.O.R.E. Ca a faillit nous séparer en tant que duo, ça foutait la merde, ça nous cassait les couilles ces conneries de labels. Mais l’important c’était de faire de l’argent donc on a continué, N.O.R.E dans son coin a fait son beurre et il a raison.
Ton premier solo sous le nom Capone est sorti en 2005. Pourquoi si tard ? Moi j’ai enregistré mon premier album sans pression, j’ai pris mon temps. Comme je te le disais, mon monde c’est la rue. Tu fais souvent plus d’argent dans la rue qu’avec la musique, d’où je viens. Tout va très vite quand tu dépenses vite, alors il faut toujours penser à tes arrières. Les arrières c’est souvent l’argent. Et puis je voyais bien que Noreaga faisait du pognon avec son album reggaeton (N.O.R.E y la Familia : "Ya Tu Sabe", NDLR). Des négros ont dit qu’il avait oublié le rap mais c'est faux, c'est juste à cause de ses racines qu’il est revenu vers la langue espagnole et le reggaeton, moi je captais car je le connais bien.
T’as eu des problèmes en qualité d’artiste solo avec les labels ? Koch par exemple ? Bien sûr, c’est toujours la même merde… Tu vois sur Tommy Boy, on a touché l’or avec "The Reunion" mais ces bâtards n’ont pas voulu investir plus et ils se sont plantés en beauté, ils ont signé du rock, l'album d'Everlast de House of Pain qui est une merde, et puis après c’est parti en couilles leur merde. Aujourd’hui j’ai été appelé par SMC, un label de la Bay Area. Les mecs vont vite là bas, ils ont compris. Mais demain je te dirais peut être du mal d’eux. Je travaille toujours avec N.O.R.E et mon homie Frizzy "Franchise" Beats, on essaye de faire du beurre et nos albums en mode duo CNN c’est pas fini. On a pas changé, je reste rue, je ne fous pas des refrains sirupeux de merde ou quoi, c’est toujours dans l’esprit rue, pour mes fans, j’en ai beaucoup. Le label SMC Recordings accueille aussi des artistes confirmés comme Mistah Fab ou Pastor Troy…
Sur ton dernier album sorti sur SMC, il y a un morceau titré "Talk My Shit" avec un sample de Prince. C’est un artiste que tu apprécies ? Je vois je vois, c’est pas vraiment un sample, c’est le producteur qui a rejoué un son de Prince. Prince est fort bien sûr, personne ne peut critiquer Prince. Critiquer Prince c’est possible, je veux dire, la personne, je le connais pas…. Mais critiquer sa musique c’est impossible...
Sur ton album "Menace To Society", tu as repris pas mal de dialogues du film du même nom... (Rires). Oui j’adore, ce film est un de mes préférés. J’ai eu de bons retours, surtout sur le morceau avec Scarface "Nowhere to run". C’est le film que j’ai vu le plus dans ma vie je crois. J’ai bossé avec des gars d'Houston et aussi mes gars de Queensbridge. Je suis fier de cet album il est tranquille. J’ai aussi beaucoup bossé sur l’album "Pain, Time & Glory", je me suis investi aussi en tant que producteur et tout, j’allais en studio avec l’ingénieur du son etc. J’essaye d’améliorer tout ce qui touche à ma musique…
T’as été un des premiers gars de Queensbridge a montrer des armes aux caméras, sur des dvds comme celui de Tragedy Khadafy, "A Queensbridge Story". Tu as jamais eu des problèmes ? Bien sûr que si, mais quand les gars te filment des fois tu sais pas trop où ça va atterrir, j’ai été en prison pour port d’arme très souvent et faut faire attention, surtout aujourd’hui les rappeurs sont de plus en plus écouté, sans compter la putain de R.I.A.A. qui nous cassent les couilles.
Et donc, tu es satisfait aujourd’hui de ton deal avec SMC ? Ouais, ils m’ont donné l’opportunité de faire de la radio, sur internet (digimixcast.com). C’est un podcast, vous avez les infos sur www.smcrecordings.com. SMC bosse avec B-Legit, San Quinn, Keak da Sneak ou PSD. C’est des bons. Pour l’instant... Et puis Capone & Noreage reviennent en duo en 2008. Surveillez tout ça. www.capone-qb.com
Propos recueillis par Djama Kotva pour KIFLibellés : interview